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Het culinaire jaarboek in woord en beeld.Annuaire de la gastronomie en mots & images

Foodprint1718 est une publication de mjPublishing, d’après une idée de Jozef Govaerts et Marina Stoop

Comité de rédaction:

Katia Belloy, Joachim Boudens, Gerrit Budts, Peyo Lissarrague, Joris Luyten et Marina Stoop

Coordination générale de la photographie: Joris Luyten

Articles rédactionnels:

Bakkers Vlaanderen, Jan Beernaert, Katia Belloy, Joachim Boudens, Gerrit Budts, Jan Buytaert, Dries Corneillie, Christian de Winter, Stijn Deprez, Guido Francque, Herman Konings, Yuri Lamers, Nicole Lemaire, Peyo Lissarrague, Joris Luyten, Sam Paret, 
Yvan Roque, Liselot Steen, Johan Sterckx, Gido Van Imschoot, Geert Vancaillie

C’était aux premiers jours du printemps. Devant ses écrans de télévision, la Belgique assiste abasourdie à un spectacle où l’inhumanité le dispute à l’horreur. Battus, frappés, traînés par les oreilles, des cochons aux plaies sanglantes, terrorisés, hurlent sous les coups que leur infligent les employés du plus grand abattoir du pays, à Tielt. Des images insoutenables qui sont loin d’être un cas isolé. En septembre, à nouveau, les caméras cachées de l’association Animal Rights dévoilent la torture subie par les vaches à l’abattoir d’Izegem.

Ne plus manger de viande, ou presque plus. Pour beaucoup d’entre nous, cela semble être la seule issue. Une réaction compréhensible, mais qui ne résout pas le problème de la souffrance animale. À moins d’imposer le véganisme à l’humanité entière, nous continuerons à élever des animaux, pour leurs oeufs, pour leur lait, pour leur viande… Ce lien à l’animal, qui a fait passer l’homo sapiens du statut de nomade chasseur cueilleur à celui de paysan sédentaire, est indissociable de notre identité.

Les images d’Izegem et de Tielt doivent le faire évoluer. La révulsion qu’elles inspirent doit nous rendre responsables et intransigeants sur l’origine et la nature des produits que nous consommons et que nous cuisinons. Nous devons aussi nous reposer la question du sacrifice. Parce que ce lien entre l’homme et l’animal, entre l’éleveur et le bétail, entre le chasseur et sa proie, s’est toujours accompagné, au cours de l’histoire, d’un rituel.

Geste sacré où, selon les époques et les latitudes, on honore, à travers la mort de la bête, l’âme, l’esprit ou le divin, l’abattage a perdu toute réalité pour la plupart d’entre nous. La viande est désormais achetée sous vide dans des halls éclairés au néon par des urbains n’ayant jamais mis le pied dans une étable. Bref, on est bien loin de l’hekatómbê hellénique ou du tue-cochon paysan. La mort devient invisible, pour les besoins d’une industrie de masse et d’un commerce dont les profits sont la seule divinité. À nous de réapprendre à être humains. À refuser la monstruosité du martyre animal et à embrasser notre nature d’omnivores en toute conscience.

Peyo Lissarrague

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